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Dimanche 8 novembre 2020 - 17h44

Dans un cours que je donnais à une époque sur la conception rédaction publicitaire, je m’amusais à faire remonter l’origine de mon métier à l’antiquité. Ben quoi, c’est vrai ! On retrouve des amphores sur lesquelles on vantait les mérites de leurs contenus pour donner envie d’acheter.

Puis, j’expliquais qu’il y avait eu ensuite les premières affiches, par exemple, celles signées Toulouse-Lautrec ou Mucha pour donner envie d’aller voir un spectacle. Plus tard, avec l’apparition de la radio, du cinéma, on en était arrivé à parler de « réclames » : du beau, du bon, Dubonnet.

A l’époque, on ne parlait pas de consommer avec modération, mais ça, c’était un sacré slogan, un beau boulot de concepteur rédacteur !

Plus récemment est apparu le terme de publicité, dont la période de gloire se situe dans les années 80, avec des grands noms comme Séguéla, pour ne parler que de lui  et de son célébrissime « la force tranquille ».

Travailler dans la pub, c’était cool, c’était fun, c’était tendance. Ça se la pétait grave aussi parfois. Après cette période d’effervescence, on est revenu à des concepts plus soft et la communication a éclipsé la pub.

C’est à peu près à ce moment-là que j’ai commencé à apprendre mon métier, à la croisée des chemins entre pub et com’. Nous sommes dans les années 90, Internet, le web, ne sont que des mots un peu obscurs. Quand on est concepteur rédacteur, on travaille sur des affiches, des flyers, des plaquettes, que du papier. On soigne les slogans, les accroches. On sait qu’on a un espace limité pour s’exprimer : 2 lignes sur une affiche, quelques paragraphes sur une plaquette. Alors, on apprend à être efficace et percutant.

« Tu peux couper ton texte ? On voudrait agrandir le visuel ». Tout concepteur rédacteur a déjà entendu cette phrase, et s’est exécuté, toujours frustré…

Puis, un beau jour, on nous dit qu’il faut absolument être présent sur le web, qu’on va pouvoir toucher d’autres cibles. Alors, on se lance et on s’adapte. Mais rédiger pour le web, c’est une autre logique. Alors, on apprend, on suit des formations.

Pour ma part, j’ai eu la chance d’en suivre une en interne quand j’étais salariée chez Becquet et le formateur était une pointure. C’était tout un nouveau monde qui s’ouvrait à nous : plus de limite d’espace, on pouvait écrire autant qu’on voulait. Par contre, il fallait penser autrement…

Finies les envolées lyriques ou poétiques, faut plutôt privilégier les mots-clés, faire des phrases plus courtes, structurer son texte, etc. Mais d’abord, il faut savoir rédiger, connaitre son métier sur le bout des doigts.

Et franchement, si je n’avais pas eu cette expérience en conception rédaction print, je ne serais pas aujourd’hui la rédactrice web que je suis. Notre métier a évolué, il s’est adapté. Mais il s’est construit sur de solides bases qui font sa force. Ignorer ses racines, c’est ignorer l’essence même du métier.

Alors, à tous ceux qui s’improvisent rédacteurs web sur un coup de tête, je n’ai qu’une chose à dire : trouvez-vous un autre hobby, le point de croix, c’est sympa…

Tag(s) : #Journal 2
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