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Vendredi 11 septembre 2020 - 14h28

C’est quand même sympa d’être free-lance, là, je vous écris de la terrasse d’un café en sirotant un thé glacé… J’en étais donc à vous raconter mon premier poste que j’ai obtenu en juillet 1996 chez Senior et Compagnie. Je me souviens très bien de l’entretien avec Dominique, la responsable communication. Quand elle m’a demandé mes prétentions salariales, je lui ai répondu qu’elle pouvait m’embaucher au SMIC. Tout ce que je voulais, c’était bosser !

Bon, elle m’a donné juste un peu plus… La société était en plein développement et doublait quasiment les équipes. On passait d’un catalogue (VPC Promotion pour la cible la plus âgée) à 2 (avec la création du catalogue Bleu Bonheur pour les seniors plus… branchées !). Une conceptrice rédactrice senior chapeautait une conceptrice rédactrice junior pour chacun des catalogues.

Ma chef s’appelait Marie, elle avait quelques années de plus que moi et venait du côté obscur : la Redoute ! Au début, j’étais dans mes petits souliers : je devais apprendre les procédures, saisir mes textes sur l’AS400 (ça va rappeler quelques bons souvenirs aux vieux de la vieille !). Bref, beaucoup de nouveautés pour la petite rédactrice que j’étais. Mais quand on est jeune, on s’adapte vite (quand on est moins jeune aussi d’ailleurs !).

J’ai rapidement intégré les différents process. Très vite, j’ai voulu apporter mes idées, mettre en pratique ce que l’on m’avait appris au Cepreco. Quand on se retrouvait tous devant une maquette, j’osais dire que ce serait mieux de placer le titre à tel endroit car on le verrait mieux, ce serait peut-être bien d’utiliser une autre police car celle-ci était difficilement lisible, etc.

Et là, la directrice me regardait avec un petit sourire condescendant et continuait à faire ses commentaires comme si je n’avais rien dit.

J’ai donc compris (au bout d’un moment) qu’on ne me faisait pas venir pour me demander mon avis mais pour que j’aille dans le sens de l’opinion qu’exprimaient les chefs. C’est comme ça que j’ai appris à fermer ma grande bouche et à faire exclusivement le travail que l’on me demandait, et surtout à le faire de façon à être irréprochable.

C’est aussi chez Senior et Compagnie que j’ai appris quels étaient réellement les droits des salariés. A peine le projet des deux catalogues avait-il été lancé que la société a décidé de faire machine arrière et de se recentrer sur un seul catalogue. Dans la plupart des services, ils n’avaient pas finalisé les embauches, ça ne posait pas de problème. Mais, en rédaction, on était deux de trop, les deux juniors arrivées à une semaine d’intervalle…

Le service Ressources Humaines nous a dit à Samia et moi : « Samia, tu es arrivée après Cécile, on peut donc te virer, Cécile, tu vis en couple, tu es moins fragile, on peut aussi te virer ». Et on nous a proposé de travailler deux jours en moins par mois avec la réduction de salaire qui va avec. Et de nous relayer toutes les deux dans un autre service qui n’avait rien à voir avec notre métier mais qui avait besoin de renforts.

Sans aucune trace écrite, sans aucun avenant à notre contrat, en résumé, en toute illégalité. On était jeunes, on avait besoin de bosser, alors on a accepté. Enfin, moi, j’ai essayé de tirer mon épingle du jeu. J’ai dit OK pour travailler dans cet autre service, mais c’est Samia qui y va d’abord.

Cette petite résistance m’a valu quelques inimitiés. Et j’ai mis à profit ce temps libre que l’on m’imposait pour chercher ailleurs. Mon projet était simple : remonter dans le nord.

J’ai envoyé des candidatures, passé des entretiens. Mais en fait, ça m’est tombé tout cuit : une société de vente à distance du nord appartenant aux 3 Suisses recherchait une conceptrice rédactrice. J’ai donc pu bénéficier de la mobilité dans le groupe, c’était parti : direction Becquet à la Chapelle d’Armentières…

Tag(s) : #Journal 2
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