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"Prenant de toute part l’eau, les flancs percés, trônaient les restes d’un vieux bateau…". C’est beau, non ? Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas de moi. Ce poème est signé Natacha Peneau et s’intitule "La carcasse du bateau". Mais pourquoi ces quelques vers ? Parce que je cherchais un petit jeu de mots à faire sur l’autre grève, celle qui agite l’actualité aujourd’hui même. Ce matin, je déambulais dans les rues de Montpellier quand j’ai vu passer le cortège de manifestants et je me suis sentie "seule, échouée sur cette grève" pour paraphraser Natacha Peneau.
 

 

Seule parce que je ne me sens pas du tout concernée par les revendications des grévistes. Il y a longtemps que j’ai compris que je n’aurai pas la même retraite que mes grand-parents. J’estime que c’est normal : le système par répartition est basé sur la solidarité entre actifs et retraités. Il y a 50 ans, les actifs étaient bien plus nombreux que les retraités. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Je ne me plains pas, je constate. Je n’exprime aucune opinion politique, c’est seulement une question de logique. Alors, je ne comprends pas pourquoi ces personnes manifestent : pourquoi à tout prix vouloir maintenir un système qui n’est plus adapté ? Les arguments tournent souvent autour de la solidarité. Mais quelle solidarité quand on voit les disparités entre les différents régimes ? Ne serait-ce pas plutôt "touche pas à mes acquis" ? D’ailleurs, on m’a toujours appris que, dans la vie, rien n’est jamais acquis, bref…
 

 

Puis, oui, je l’avoue, c’est plus fort que moi : dès que j’entends le mot "grève", je repense à 1995. Je me revois arriver à Paris à la fin de mes études et chercher mon premier boulot. Je me souviens m’être perdue dans les rues de la capitale et user mes semelles pour aller de rendez-vous en rendez-vous. Et surtout, je me rappelle avoir raté une opportunité à cause de la grève. A l’époque, pas d’internet. J’étais à deux doigts de décrocher un super job dans une société qui dépendait de la Poste. Et qui, au dernier moment - on allait signer le contrat - a tout arrêté car l’activité était en chute libre. Il m’a fallu six mois de plus pour trouver une entreprise…
 

 

Alors, le droit de grève, c’est très bien, des personnes se sont battues pour ça. Mais pas au détriment des autres, ceux qui choisissent de ne pas faire grève. Il faut un respect mutuel : que les grévistes respectent le choix des non grévistes et réciproquement. Parce que, pour l’instant, les non grévistes subissent les actions des grévistes. Quand j’écris ces lignes, je pense à tous les parisiens qui doivent utiliser les transports en commun. Tous ces usagers bloqués pour aller travailler, pour rentrer chez eux. Si les grévistes trouvaient d’autre moyens de protester, ce serait une bonne solution pour rallier les usagers à leur cause, non ?
 

 

A la fin du poème, Natacha Peneau écrit "Mais un jour, où l’orage a été le plus fort, une vague a emporté la carcasse du bateau". Je vous laisse méditer là-dessus…

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